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Sauver l’ambient

David Toop

Electronique sans mémoire

Rafael Lubner

Punk comme un porc

Rob Rosenthal

Rap franco-mondial

Fanny Taillandier

Qui a inventé le reggaeton ?

Wayne Marshall

Détruire la pop dans sa joie

Joshua Clover

Sauver l’ambient
David Toop
Simon Reynolds avait rendu hommage à la trajectoire de son confrère britannique David Toop dans notre numéro 6, et nous avions choisi de sous-titrer ce texte « l’utopie perdue ». Cette utopie, c’était notamment celle qui se déployait dans Ocean of sounds, une sorte de livre ambient sur l’ambient. Reynolds notait que Toop avait un temps pris ses distances avec la musique. Ce qu’il ne disait pas, néanmoins, c’est que la disparition de cette utopie n’était pas seulement liée à ses contradictions internes. Elle allait de pair avec la reconfiguration de l’univers musical qui l’avait nourrie : ce monde de l’ambient dont Toop avait participé, avec et après Brian Eno, à tracer les non-contours, en l’imaginant comme l’envers d’une société de contrôle. Ce texte tout récent nous offre le point de vue de Toop lui-même sur le destin de l’ambient, et la nature de l’écart avec l’idée qu’il s’en faisait : moins un genre musical, qu’une manière de négocier les limites de l’intimité.
Electronique sans mémoire
Rafael Lubner

Ces derniers mois, plusieurs voix se sont élevées pour faire apparaître le défaut de diversité des magazines et labels électroniques, et l’inconscient racial, voire le racisme tout court qui se déploie dans nos scènes – lisez notamment, si ce n’est déjà fait, la « Letter to Resident Advisor » signée du DJ et producteur techno R.O.S.H, remarquablement documentée quant à leurs discriminations dans la couverture des scènes club britanniques. Si nous publions un peu à contretemps ce texte de Rafael Lubner – étudiant en littérature anglaise à Londres et contributeur au webzine Tiny Mixtapes, qui a publié la VO de ce texte – c’est qu’il a l’intérêt de montrer que la décolonisation de la culture club ne concerne pas seulement une meilleure répartition des emplois ou une attention au langage que nous employons. Elle doit aussi passer par une compréhension de fond des structures de domination, et de la façon dont certains journalistes et artistes y contribuent plus ou moins volontairement, même quand il s’agit d’adopter une posture critique ou de formuler un point de vue minoritaire. Cette critique doit donc également passer par les scènes et les genres qui ont eu la prétention de dépasser les impasses du clubbing et de l’industrie du loisir (voir les articles d’Adam Harper et Victor Dermenghem sur la « musique Internet » ou « post-club » dans nos précédents numéros). Elle nous concerne tous-tes.

Punk comme un porc
Rob Rosenthal

Membre fondateur des Freeze, groupe de punk du Cap Cod né en 1978 et connu pour sa longévité, Robert Rosenthal a quitté le navire en 1982. Il enseigne aujourd’hui le journalisme radiophonique. Dans un épisode de Lost Notes, série de podcasts à l’initiative de Jessica Hopper pour KCRW, il revient sur son passé punk et confie le sentiment de honte qui le travaille au quotidien. C’est l’histoire d’une prise de conscience, celle du sexisme ordinaire que peuvent véhiculer les paroles d’une chanson comme « I Hate Tourists », premier single et premier succès du groupe. Prise de conscience qui n’est cependant pas partagée par les autres membres des Freeze que Rosenthal a retrouvés pour l’occasion. Ce récit se construit donc dans la confrontation des points de vue afin d’aborder des questions de responsabilité, de transmission et de rapport au passé. Rosenthal se devait d’aborder le sujet, avec sa propre fille comme avec cet ami d’enfance qui joue encore dans le groupe, Clif « Hanger » Croce, et qu’il n’avait pas revu depuis des années. Alors, que faire de « I Hate Tourists » ? Rosenthal ne se défile pas. La réponse qui se dessine à l’horizon de son récit apporte un éclairage essentiel dans les débats en cours sur la « cancel culture ». Le texte que nous vous proposons de lire est une adaptation française de ce podcast. Il prend, lui aussi, la forme d’une histoire plutôt que celle d’un article.

Rap franco-mondial
Fanny Taillandier
On a découvert la romancière Fanny Taillandier par ses chroniques mensuelles dans le magazine Mouvement. Elle y re-monte et y commente la langue des médias avec des fragments de récits littéraires ou historiques. Petites phrases à la con et images choc y sont détournées de leurs flux et réinsérés dans les chaînes de déplacements, d’inversions ou d’oublis historiques qui les ont rendus possibles – et on respire mieux comme ça. Ici, elle écrit dans ce style pour nous parler de la langue française qui se (re)construit en ce moment à l’intersection du rap, du RnB et de la pop, et de la petite utopie cosmopolite que font surgir PNL, Soolking et Aya Nakamura en retournant tranquillement le stigmate minoritaire. Soyons clairs, on n’a pas tellement l’impression qu’il soit besoin de défendre ces musiques contre le mépris dont elles font parfois encore l’objet. Mais comme on a découvert récemment qu’il existait encore des personnes pour s’offusquer de telle ou telle trahison de la grammaire – chez Wejdene, bien sûr, mais aussi souvent ailleurs – on prend pas mal de plaisir à partager avec vous cette ode subjective à la musique d’une langue qui s’autorise d’elle-même.
Qui a inventé le reggaeton ?
Wayne Marshall
Cet article en deux parties (la suite au prochain numéro !), issu d’un ouvrage collectif consacré au reggaeton (Reggaeton, paru chez Duke University Press en 2009), nous vient d’un des principaux théoriciens de la « bass culture » internationale, l’universitaire Wayne Marshall – un auteur qui n’a pas son pareil pour décrire et analyser les références de « Despacito » ou l’écoute de rap sur les fréquences aiguës de nos téléphones portable. C’est bien sûr dans le contexte d’un énième regain d’effervescence du côté de l’industrie musicale et de l’underground autour des musiques estampillées « latino » que nous choisissons de publier ce texte. Il pourrait s’appeler « D’où vient vraiment le reggaeton ? » – à condition de préciser immédiatement qu’il rend cette question plus compliquée, plutôt que de prétendre y répondre directement. C’est bien cette manière de montrer le caractère problématique des réinterprétations nationalistes et ethno-raciales du reggaeton qui constitue sa vertu. Si son érudition vous donne le vertige, ne vous inquiétez pas, à nous aussi – c’est une autre de ses principales qualités.
Détruire la pop dans sa joie
Joshua Clover
Joshua Clover est poète et professeur de littérature à l’université de Californie. Il a sorti un livre dont on parle beaucoup, au titre éloquent, L’émeute prime, qui s’intéresse aux interactions entre grève et émeutes dans l’histoire et à leur potentiel respectif pour la période actuelle. Mais avant ça, il était très actif dans le fanzinat musical sous le pseudo Jane Dark. Il a même publié un livre qui tentait d’articuler les esthétiques et les politiques du rap, du grunge et de la rave à partir du tournant symbolique que représente selon lui l’année 1989 (1989, Bob Dylan Didn’t Have This to Sing About). Ce petit texte, initialement paru dans le journal de poétique Tripwire, se préoccupe d’une question simple : qu’est-ce qu’est venu faire un tube de Rihanna comme bande-son d’un début d’insurrection étudiante ? Peut-on avoir été galvanisé par un moment de lutte en sa compagnie et en même temps espérer transformer radicalement la société actuelle, donc aussi se débarrasser de cette musique conçue pour elle ? On a aimé sa manière de poser la question de l’underground et du mainstream, et de dire comment la pop peut à la fois accompagner nos luttes et limiter notre imagination.
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