« Les gens ont vraiment très peur que ce pays soit envahi par des personnes d’une culture différente » déclarait Margaret Thatcher en 1978. Près de dix ans plus tard, Paul Gilroy lui oppose une tout autre vision. La culture britannique appartient déjà aux enfants d’immigré·es, et sa musique est indissociable d’une contre-culture diasporique et cosmopolite reliant l’Europe, l’Amérique et l’Afrique, qu’il a appelée l’Atlantique noir. Du culte des premiers imports soul-funk aux sound systems et aux premiers jours d’un rap « UK », les noir·es britanniques ont participé à une résistance anticoloniale si puissante qu’une partie des artistes et publics blancs y projettent leurs propres désirs de dissidence ou s’accaparent leurs styles. En évitant l’essentialisation des identités autant que leur déni, Paul Gilroy décrit comment les artistes noir·es réinventent leurs origines et échappent à la domestication par le marché. Et face à la violence du racisme, il affirme la portée utopique des musiques afrodiasporiques, bien au-delà des limites de l’État-Nation.
Ce livre a été traduit de l’anglais par Maboula Soumahoro et est préfacé par David Bola.
L’auteur :
Paul Gilroy est un sociologue anglais, auteur d’ouvrages célèbres, dont Ain’t No Black in the Union Jack (1987) dont est tiré ce livre, L’Atlantique noir (1993) et Mélancolie postcoloniale (2006). Il a participé au mouvement des Cultural Studies avec Stuart Hall. Son travail a transformé l’étude des diasporas et de la politique de la race.
Préface :
David Bola est un journaliste indépendant français, spécialisé dans les musiques populaires. Il travaille avec le média Grünt et signe des articles chez Musique Journal et Tsugi, après avoir travaillé plusieurs années pour Radio Nova.
Traduction :
Maboula Soumahoro est maîtresse de conférences en civilisation américaine à l’université de Tours, spécialiste des études étatsuniennes, africaines-américaines et de la diaspora noire/africaine du monde Atlantique. Elle est notamment l’autrice de l’essai autobiographique Le Triangle et l’Hexagone. Réflexions sur une identité noire (2020) et la traductrice du classique de Saidiya Hartman, À perte de mère. Sur les routes atlantiques de l’esclavage (2023).
176 pages
format : 14 x 20,5 cm
Relectures : Guillaume Heuguet
Illustration de couverture : Stephen Vuillemin
Réalisation graphique : Charlie Janiaut
ISBN : 978-2-494086-15-9
Avec l’aide du Centre National du Livre